La mise en concurrence des entreprises ferroviaires sur le Fret, censée dynamiser le report modal, n’a pas atteint ses objectifs. Elle se conclut aujourd’hui par une mise en concurrence des salariés du ferroviaire, par une course à la productivité et au dumping social. Une convention collective du ferroviaire est en gestation, très lente, alors que les entreprises ferroviaires privées n’appliquent pas encore le premier volet qui concerne l’organisation du travail, pourtant minimaliste et clos à l’automne 2008.
Comme tous les modes de transport, le ferroviaire constitue un élément de la chaîne de transport qui comprend du transport terrestre, mais aussi du maritime, du transit, de la manutention portuaire et de la logistique. Pour autant, la mise en concurrence ne se fait pas sur l’ensemble de la chaîne mais maillon par maillon, le ferroviaire sur celui du transport terrestre.
MANIFESTATION EUROPEENNE 13/11/2008
Sous la pression de Bruxelles, mais aussi par choix stratégique industriel, l’entreprise historique, la SNCF, s’est restructurée en activités distinctes, avec une véritable autonomie pour le Fret. Ce modèle appliqué au Fret va se développer selon les dires des dirigeants. D’autre part, des filiales vont ou sont déjà créées.
Le statut social des cheminots comprenant le statut lui-même et la réglementation du travail ainsi que différents droits acquis, (facilités de circulations, protection santé, etc.), autrefois unique sous le monopole SNCF, prend aujourd’hui des formes variées, sert de variable de productivité (dumping social), est contesté, et est présenté par ses détracteurs comme un coût exorbitant pour l’entreprise historique.
Les IRP ne sont pas toujours respectées et la direction de la SNCF tente d’en modifier leurs contours et leurs prérogatives au moyen de restructurations qui les dédicacent et les isolent, et par une application radicale de la loi sur la représentativité.
Dans ce contexte, les militants CFDT/FGAAC ont décidé de se battre pour rééquilibrer et garantir le contrat social des cheminots, salariés du secteur ferroviaire dans son ensemble.
L’objectif est d’apporter et de maintenir contre tout dumping social un maximum de garanties sociales de haut niveau à tous les cheminots. Nous devons nous affranchir de la situation de stress et d’incertitudes entretenues par les directions des entreprises ferroviaires, à la SNCF au travers de restructurations décidées unilatéralement, qui n’ont jamais prouvé leur pertinence, et dont l’échec est toujours subi par les personnels.
Ils décident d’orientations contradictoires qui engendrent l’échec et ils nous font payer leurs échecs !

MANIFESTATION EUROPEENNE 13/11/2008
Apporter du « bien être au travail » est un objectif syndical classé dans les fondamentaux, il est élémentaire pourrait-on dire. Mais même s’iI devient très compliqué à mettre en place dans le contexte économique --dans le bouleversement économique !-- nous n’avons pas le droit de renoncer.
Le radicalisme syndical a échoué, en produisant à terme les mêmes effets que le libéralisme radical, soit la disparition de milliers d’emplois, le dumping social et le mal être des salariés « survivants » par l’augmentation des cadences et le stress lié aux incessantes restructurations sans efficacité avérée.
La CFDT / FGAAC propose aujourd’hui une alternative crédible à l’ultralibéralisme et au jusqu’auboutisme, deux idéologies destructrices. Nous proposons le progrès économique et social. Les deux indissociables.
C’est un projet ambitieux auquel chaque cheminot peut participer.
Nous avons subi durant des décennies les différentes idéologies politiques appliquées au transport, en opposition constante. Le ferroviaire comme terrain d’affrontement des idéologies politiques. Les cheminots priés d’être acteurs, boucs émissaires ou force de frappe, rarement bénéficiaires.
Et si nous avions notre propre projet ?
Non pas un projet politique, réponse extrême à l’extrémisme du clan opposé, mais un projet pragmatique, basé sur notre connaissance du ferroviaire et notre volonté de nous prendre en charge nous-mêmes.
Refusons la mise en concurrence des salariés du ferroviaire, refusons le dumping social et la dégradation des conditions de travail ; créons ensemble des parcours professionnels valorisants pour chacun d’entre-nous, reconnaissant notre expérience et notre savoir faire ; renforçons nos lignes métier mises à mal par la dédicace par activités, véritable déni de notre professionnalisme ; exigeons la rénovation de notre réseau ferré pour nous donner un outil ferroviaire moderne et efficace ; obligeons les pouvoirs publics à limiter le prix des sillons à un niveau qui permette l’existence économique ; imposons la création de corridors fret rapides et cadencés ; organisons au mieux l’assemblage des wagons et la massification ; remettons le service public ferroviaire au service du public, de chacun, quelle que soit sa situation économique ou géographique ; faisons reconnaître, enfin, l’utilité publique du ferroviaire, au service des nations et des citoyens.
Nous, cheminots, bâtissons notre projet pour notre entreprise ferroviaire et pour le bien être de tous les cheminots, salariés du ferroviaire. Ne laissons plus les politiques nous utiliser et décider à notre place. Nos entreprises et nos emplois nous appartiennent.
Construisons nous-mêmes notre avenir.