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SEP09
Par Bruno DUCHEMIN, Secrétaire Général
ous avons entendu cet été que la réforme des retraites était avalisée. Celle de 2010 doit-on préciser, puisqu’il nous faut maintenant donner un millésime aux différentes réformes portant sur ce même sujet, bien qu’on nous assure chaque fois que « ça y est ! Maintenant on a assuré la pérennité du système pour longtemps ! ».
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Le longtemps ayant des durées différentes selon les appréciations, nous sommes priés d’accepter un nouvel allongement, et des conditions encore durcies d’accès à nos retraites, alors même que la réforme précédente est à peine engagée. Bien sûr, la main sur le cœur, on nous a entendus ! On va faire participer tous les revenus à l’effort de financement !Les hauts revenus, les revenus du capital, de la finance, et en premier lieu, ceux qui nous ont provoqué la crise ! Le résultat -- 85% payés par les seuls salariés ! -- aurait de quoi surprendre si nous ne connaissions le léger décalage perpétuel existant entre le discours politique et l’application des promesses ! Sur la pénibilité, on fait très fort : veuillez d’abord devenir handicapé, ensuite une possibilité est offerte ! Pour les polypensionnés, pour les carrières accidentées -- et celles des femmes en particulier-- : rien ! Pire, on accentue les injustices par augmentation de deux ans de l’âge d’ouverture des droits. Toutes les réformes ne sont pas les mêmes. Ni sur le fond, ni sur la forme.
En 2007, le gouvernement voulait aligner les régimes spéciaux — jusque là seuls préservés — sur le régime des fonctionnaires, considérant que tous les régimes devaient participer de la même façon à l’effort de financement des caisses de retraites malmenées par l’allongement de l’espérance de vie.
. L’âge d’ouverture des droits restait inchangé (60 ans en général), et des négociations ont été possibles (pour ceux qui le voulaient).
La FGAAC avait alors obtenu des mesures fortes de compensation lors des négociations difficiles des 6 et 9 novembre 2007. Soit une amélioration des niveaux des pensions par augmentation de l’assiette liquidable – 0,5% par semestre, 2,5% six mois avant l’âge pivot, prise en compte des années d’apprentissage--, et aussi l’amélioration des OSVC pour inaptitude et délais longs, la dissociation des meilleures années traitement/primes, la création de dispositifs de fins de carrière (CET et CPA), le maintien du principe des bonifications pour les conducteurs, le déblocage des fins de grille, le triplement de l’allocation de décès en service, la création de roulements intermédiaires TGV, etc.
Cette fois-ci, la réforme millésime 2010 ne propose aucune négociation, le gouvernement veut l’imposer de fait durant l’été et, fait nouveau, l’âge d’ouverture des droits est arbitrairement augmenté de deux années. Plus encore que l’allongement de la durée de cotisation, l’augmentation de l’âge d’ouverture des droits déséquilibrerait profondément notre contrat social déjà mis à mal ces dernières années. Elle remet même en cause l’efficience des compensations obtenues en 2007 et basées sur l’âge d’ouverture des droits. Aucune mesure incitative, uniquement un modèle de répression, subissez ou payez ! Bel exemple de dialogue social !
MANIFESTATION EUROPEENNE 13/11/2008 Quant à la tentative de diviser les français, d’un côté les « raisonnables » qui comprennent, eux, qu’il faut sauver le système et les autres qui seraient des « cigales inconscientes » et qui plus est ignorantes, pour faire passer la solution réfléchie selon la pensée unique des dominants, elle comporte un défaut majeur : l’absence de débat empêche toute autre solution alternative. .On applique les recettes des écoles : des mathématiques, théorèmes et logarithmes en tête, et c’est tout. Une telle réforme ne mériterait-elle pas d’être humanisée ?
Humanisée, cela veut dire tenir compte des différences, des spécificités, des parcours professionnels de chacun, de la pénibilité subie (et pas seulement au travers d’un constat de handicap !), des contraintes vécues… Cela veut dire aussi justice dans l’effort de financement, avec une répartition correcte entre tous les revenus ! Quand allons-nous imposer une même cotisation, de toutes les entreprises ferroviaires, à la même caisse de retraite des cheminots ? Comment le gouvernement peut-il croire que le simple fait de claironner que la réforme est validée, parce qu’elle a suivi durant l’été son cours législatif, suffira à convaincre les français ? Mais quelle est donc cette méthode du fait accompli, durant les congés, de l’application arbitraire d’une réforme qui touche tous les français, sans prendre en compte leur opinion, exprimée par leurs représentants syndicaux ? Démocratique, vraiment ??? Qui peut croire que « ça va passer ! » ? Que la FGAAC/CFDT se prépare. Nous allons nous battre.
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